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Sara Leblanc : l’entrepreneure déterminée

Quand sa mère lui annonce qu’elle décide de publier un magazine pour les femmes en affaires, Sara s’est tout de suite sentie interpellée. « Tu ne peux pas te lancer dans un projet entrepreneurial et ne pas m’impliquer », lui lance-t-elle. Cette adolescente de seize-ans-presque-dix-sept injecte quelque 1 000 dollars de son argent de poche pour participer à la parution du premier numéro. Premières en affaires connait très vite un succès commercial sur lequel Sara Leblanc se base pour créer, quelques années plus tard, son propre périodique, Inspiro.

 

À l’instar de son aïeule Premières en affaires, la revue Inspiro voulait faire la promotion de l’entrepreneuriat, mais chez la jeunesse cette fois-ci. Forte de son expérience en gestion de magazine, la jeune femme a capitalisé sur une main-d’œuvre et des contacts publicitaires puisés à même Premières en affaires afin de permettre à Inspiro d’éclore. Au commencement, la revue-test a été publiée à 5 000 exemplaires, mais, pour Sara, c’était loin d’être suffisant. Déterminée, elle signe des ententes de partenariat avec les HEC, l’UQAM et l’Université de Sherbrooke. Inspiro sera à présent distribué gratuitement dans les kiosques des Universités francophones du Québec. Ainsi, alors qu’en septembre 2013 le premier numéro du magazine connaissait une distribution de 25 000 exemplaires, l’ambitieuse jeune femme a réussi à faire grimper se chiffre à 40 000 exemplaires en novembre, tout juste trois mois plus tard. Plus de 300 points de vente proposaient dès lors Inspiro. En voulant faire la promotion de l’entrepreneuriat auprès de la jeunesse avec son magazine, Sara était elle-même devenue un modèle de réussite.

 

Le déclin d’Inspiro

Chaque mois, Sara et sa petite équipe de rédaction mettaient en lumière le succès de professionnels québécois, toujours âgés de 18 à 35 ans, dans une multitude de domaines : médecine, finances, droit, etc. Continuellement en quête d’innovation, Sara a même tâté le numérique avec un volet WebTV d’Inspiro. « Les gens aiment ça. La vidéo, c’est un moyen pour eux de voir la personne derrière un article, de voir comment elle parle, pense et réagit. On voulait montrer que ces gens-là sont accessibles», a-t-elle expliqué.

 

Sara avait flairé l’irrésistible émergence du numérique, mais, pour des raisons multiples, ce virage chez Inspiro ne se concrétisa pas assez rapidement, et le magazine connut les mêmes déboires que d’autres revues, les annonceurs n’étant tout simplement plus au rendez-vous. C’est ainsi qu’en novembre 2015, Inspiro cessa ses activités, événement que Sara considérait sur le moment comme un véritable échec. Mais comme insiste la femme d’affaires : « Réussir en affaire, c’est être capable de rebondir. »

 

Elsoa : une nouvelle aventure

Alors qu’elle côtoyait le monde des affaires, sa mère, Margarita Lafontaine, avait remarqué qu’il y avait un manque dans le prêt-à-porter pour les femmes. À temps perdu, elles avaient donc entrepris de faire confectionner des blouses pour leurs proches.  Leur matériel de prédilection était la soie, une matière sous-utilisée, mais qui cadrait parfaitement avec la clientèle visée : les femmes carriéristes, distinguées et en quête d’un vêtement à prix raisonnable. Alors qu’elle était plongée dans l’aventure Inspiro, le projet était cependant demeuré au stade de « hobby ».

 

Après la fermeture de son magazine, Sara décida d’accorder toute son énergie et sa concentration sur ce projet. « Je ne passais pas mes journées à me demander ce que je faisais de ma vie. Je voulais que cette deuxième idée réussisse. Tout ce que j’avais appris avec Inspiro, je voulais l’appliquer à Elsoa.», a-t-elle expliqué. Elle privilégia donc l’option d’une boutique en ligne pour écouler sa marchandise soyeuse, car on pouvait ainsi baisser le prix unitaire de la blouse (environ 235 $ au lieu de 400 $) et réduire les incertitudes liées aux ventes des boutiquaires. « La vente directe comporte beaucoup d’avantages, on obtient directement le feedback de la clientèle », a-t-elle ajouté.

 

Galvanisée par des ventes encourageantes, Sara s’attaque maintenant au marché canadien. Elle souhaite faire de sa marque le prêt-à-porter en soie privilégié de toutes les Canadiennes âgées de 35 à 65 ans. Son prochain défi ? Faire comprendre à la clientèle potentielle que les articles Elsoa sont entièrement fabriqués au Canada bien que la matière première provienne majoritairement de Chine, une origine qui rime souvent avec bon marché. « On doit faire de l’éducation car malgré la réputation des produits Chinois, la soie demeure une matière noble et unique. La Chine c’est le berceau de la soie. Les Chinois jouissent d’une expertise de plus de 2 000 ans ! », a-t-elle précisé.

 

Afin d’apprendre davantage sur l’industrie, Sara travaille présentement dans le milieu de la mode tout en travaillant sur Elsoa les soirs et weekends. Elle s’implique aussi auprès d’une OBNL qui vient en aide aux femmes entrepreneures dans les pays en développement – question de garder le pouls de son marché.

Visiter la boutique Elsoa.com

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