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Julie Hubert : un rêve devenu concret

Titulaire d’un MBA de McGill, Julie Hubert cumule plus de 15 années d’expérience en marketing. A son actif : planification marketing, ventes, développement de produits et de marques. Elle a notamment participé au lancement de la marque iögo (Aliments Ultima), un des plus grands lancements de produits dans le Canada. C’est après avoir vécu les difficultés de la recherche d’emploi que Julie Hubert a trouvé une idée d’entreprise innovante.

Elevée par des parents entrepreneurs, Julie Hubert a toujours voulu être elle-même entrepreneure. Elle a vu ses parents avoir beaucoup de difficultés liées à leur statut de travailleur autonome, mais elle les a aussi vus être libres de leur temps et, ainsi, disponibles pour leurs enfants. « C’est cette liberté qui m’a interpellée ».

De par cette proximité, elle a pu voir les défis qu’un entrepreneur doit relever. En effet, la famille Hubert est un des plus gros producteurs d’œufs au Québec : au début, il ne s’agissait que d’une petite entreprise, mais elle a progressivement pris de l’ampleur.

Après avoir fait des études en administration et en marketing, Julie Hubert a travaillé dans le domaine du marketing dans différentes industries et dans différents postes. Elle a cherché sa fibre entrepreneuriale, mais a commencé à travailler en entreprise avant de lancer sa propre entreprise. « J’étais à la recherche d’un projet entrepreneurial, mais ce n’est que quand je me suis retrouvée dans la situation de recherche d’emploi que l’idée m’est venue. On est vulnérable dans une situation de recherche d’emploi, je voulais donc aider ces gens et accélérer le processus ».

C’est ainsi que Workland est né. Dès le départ, le mari de Julie Hubert, Jean Jobin, a décidé de travailler dans le projet. Il est ainsi devenu co-fondateur et actionnaire, mais ne travaille pas dans l’entreprise, car il a sa propre entreprise à gérer, Cascades Groupe Tissu.

Workland a été créé il y a cinq ans et a pour mission de matcher les professionnels talentueux avec les recruteurs. L’entreprise offre un système de gestion et de suivi des candidatures équipé d’un système de pré-qualification outillé d’un puissant algorithme multicritères. L’algorithme a la capacité de traiter des milliers de CVs en quelques secondes, permettant aux recruteurs de se concentrer sur les candidatures à haut potentiel et sur la portion stratégique du recrutement. Les candidats remplissent un questionnaire en ligne pour définir leurs attentes professionnelles : points critiques, rémunération, environnement de travail et culture d’entreprise, aptitudes et compétences, conciliation vie-travail, valeurs et profil de personnalité. L’algorithme de Workland génère alors un pourcentage de compatibilité entre les candidats et les différents emplois proposés. Par la suite, les deux parties sont connectées entre elles, tout cela de façon confidentielle, pour évaluer la possible relation professionnelle.

« L’entreprise vise à être un écosystème de solutions technologiques, mais, quand on traite avec des gens, on ne peut pas être que technologique. Il est important pour moi d’avoir des gens derrières la technologie qui peuvent accompagner les candidats et entreprises dans leurs recherches du “match parfait”. Plusieurs entreprises technologiques se basent uniquement sur la technologie, j’ai choisi une combinaison de Technologie + Ressources Humaines ». Actuellement, Workland parvient à être en forte croissance.

 

Quels ont été vos plus gros défis ?

Il y en a tellement ! Les défis deviennent toujours plus gros avec le temps, mais on apprend de nos défis passés et cela nous aide à surpasser les défis actuels. Je dirais qu’il y a trois défis qui ont été les plus importants et qui le sont pour la plupart des entrepreneurs.

Le premier était de transformer l’idée d’entreprise en quelque chose de concret : pour cela il a fallu s’entourer des bonnes personnes et surtout prendre le temps d’avancer un pas après l’autre.

Le deuxième était un défi technologique, celui de programmer une technologie innovante. Workland est basé sur un algorithme unique que l’équipe TI a mis du temps à développer.

Enfin, le troisième défi était la commercialisation : trouver les premiers clients, ceux qui sont plus innovateurs que les autres, et les convaincre du projet. C’est en soit le défi de tout entrepreneur.

 

Quelles leçons avez-vous tirées de votre parcours d’entrepreneure ?

Il y a toujours une solution à tout ! On se dit souvent : « Je ne sais pas le faire », mais il faut essayer malgré tout, avancer un pas à la fois. La solution vient par elle-même quand on est prêt à continuer d’avancer.

Une autre leçon est de trouver les bonnes personnes. Ces personnes étaient pour moi des personnes interpellées par ma mission.

Quand on se lance en entreprise, il faut aussi être prêt à faire des erreurs. Cela fait partie de notre apprentissage. Le but est d’utiliser les erreurs et les défis que l’on rencontre pour se rendre meilleur. Pour moi, le plus important est de voir le cadeau qui nous est donné à travers les erreurs.

Il ne faut pas oublier aussi que l’on apprend des leçons tous les jours.

 

De quoi êtes-vous le plus fière ?

De ne jamais avoir abandonné. En cinq ans, il y a des jours où je ne savais pas comment avancer — j’ai tout de même lâché mon emploi pour lancer mon entreprise — mais il y a toujours eu une bonne personne ou un bon événement pour me sortir de cette situation.

Quand on a un rêve, il ne faut pas abandonner et les choses finiront par aboutir.

 

Avez-vous d’autres projets ?

Je ne fais pas de plan d’amélioration, mais mon objectif est de m’améliorer chaque jour. C’est dans cette optique qu’une amélioration continue est implantée dans l’entreprise. Nous voulons ainsi travailler plus étroitement avec le client : être à son écoute et prendre en compte son feedback. De plus les erreurs sont acceptées dans l’équipe. Cela permet d’apprendre de nos erreurs et permet une meilleur dynamique. Si les erreurs ne sont pas permises, les personnes vont rester bloquées par peur d’en commettre une.

 

Enfin, si vous aviez un message à faire passer aux femmes désireuses de se lancer en affaires, quel serait-il ?

Je porte justement en ce moment un collier composé de deux anneaux, sur l’un est écrit « DREAM » et sur l’autre « JUST DO IT ». Il me rappelle tous les jours que, pour que les rêves deviennent réalité, il faut avoir le courage d’agir !

En tant que femme, on a plus d’inquiétudes, surtout en étant mère de famille. Cependant, si on a un rêve, il faut se lancer dans l’action. On ne peut pas avoir de regrets pour avoir essayé, car on concrétise un rêve. De plus il y a actuellement de nombreuses ressources disponibles pour les femmes, dont de l’aide entre femmes entrepreneures.

L’aventure vaut la peine d’être vécue ! Je ne regrette rien et, s’il le fallait, je referais la même chose.

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