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Catherine Légaré : la psychologue chercheure devenue entrepreneure derrière Academos

Nommée personnalité de la semaine en 2011 par La Presse, Catherine Légaré, présidente fondatrice d’Academos est une entrepreneure dynamique et dévouée à sa cause. L’idée de cette plateforme lui est venue en 1999 lorsqu’elle préparait son doctorat en psychologie. Depuis ce temps, elle a parcouru beaucoup de chemin et traversé maintes épreuves. LORI.biz est allée à la rencontre de cette entrepreneure passionnée et inspirante et voici ce qu’elle nous a dévoilé.

Qu’est-ce Academos ?

Academos est une plateforme de cybermentorat qui met en relation, via le web, un étudiant et un mentor qui échangent en moyenne 30 minutes par semaine. La raison d’être d’Academos est de concrétiser le projet de vie professionnelle de l’étudiant en question, de contrer le décrochage scolaire, d’améliorer le taux de diplomation et de préparer la relève à la vie dans le monde du travail.

Que s’est-il passé depuis que tu as été nommée personnalité de la semaine ?

Depuis ce temps, j’ai fondé une famille. Ça ne parait pas, mais sur la photo dans La Presse j’étais enceinte et j’ai donné naissance à un petit garçon en février 2012.

Au retour de mon congé de maternité en décembre 2012, j’ai entrepris de changer radicalement Academos. Jusque-là, bien que l’idée de faire du mentorat sur Internet ait été innovatrice, nous abordions la question de façon académique et traditionnelle. Or, si on veut vraiment changer les choses, il faut aborder les jeunes différemment. Avec mon équipe, on a transformé Academos en réseau social et on a réinventé la façon de parler d’orientation avec les jeunes.

Qu’est-ce qui t’as amenée à te lancer en affaires?

​Je ne me suis jamais vraiment lancée en affaires. J’ai démarré Academos comme un projet pour mon doctorat. Je voulais tester une innovation. Ça a fonctionné, tant en termes d’aide réelle apportée aux jeunes qu’en popularité. Après, je ne pouvais juste pas laisser tomber! Petit à petit, j’ai réussi à récolter plus de financement pour ​nos activités et Academos a grandi.

Toutefois, si j’avais à choisir un moment charnière, ce serait en 2011, soit au moment où j’ai eu l’idée de changer Academos. On a fondé un OBNL (avec ma collègue Lyne Maurier qui est maintenant DG d’Academos) et on avait l’intention de générer des revenus à même nos activités et ne plus dépendre uniquement de subventions.

Qu’est-ce qui t’as donné le courage de faire le saut en entrepreneuriat?

​Les jeunes. C’est le seul moyen pour qu’Academos continue sa mission.

Le désir de liberté en ce qui concerne la destinée du projet que j’ai fondé.​

La possibilité d’innover pour changer la société.

Quels sont les plus gros défis que vit ou qu’a connu Academos? Si tu les a relevés, comment?

​J’en nommerais 3.

1- Quitter le collège de Bois-de-Boulogne (qui avait été le cocon d’Academos depuis 1999) en 2011 pour fonder l’OBNL Academos. En 3 mois, on a dû trouver un nouveau local, nous doter de services administratifs, changer notre structure de financement, déménager… voler de nos propres ailes!

2- Demeurer pertinent aux yeux des jeunes. C’est un défi constant. En 2012, ça s’est traduit par le projet de la refonte de la nouvelle plateforme d’Academos. Un projet ambitieux, mobilisateur et structurant qui n’est pas encore terminé. Tout ce virage a été financé par des partenaires privés et des levées de fonds faites par Academos.

3- Assurer la pérennité financière de l’organisation: pas relevé encore, mais on y travaille tous les jours!

D’où vient ta fibre entrepreneuriale, quels ont été tes mentors et quels entrepreneurs t’ont le plus influencée?

​Je ne sais pas trop d’où vient ma fibre entrepreneuriale. Je ne viens pas d’une famille d’entrepreneurs. J’ai par contre toujours été créative, centrée sur l’action et volontaire​. Mes parents m’ont encouragée à m’impliquer dans toutes sortes d’organisations qui valorisent l’esprit d’entrepreneuriat, comme les Scouts ou les Clubs Optimistes junior.

Mes mentors  qui ont joué un rôle déterminant : mon directeur de recherche à l’UQAM, ma mentore du Centre en entrepreneuriat au féminin qui m’accompagne toujours, plusieurs membres de mon conseil d’administration.

Quel est l’impact réel d’Academos et comment y sensibiliser plus de personnes?

​L’impact réel d’Academos. Il y en a des petits au quotidien, comme quand un jeune continue d’aller à l’école parce qu’il sait pourquoi il poursuit ses études ou parce qu’il a eu les encouragements de son mentor la veille.​

​Il y en a des plus grands, comme cette enseignante rencontrée récemment qui m’a dit travailler dans ce domaine aujourd’hui parce qu’elle a eu des contacts avec une mentore d’Academos il y a une dizaine d’années. Elle est heureuse dans son travail et elle savait qu’elle faisait le bon choix, car quelqu’un lui avait parlé de la réalité du métier.

Comment y sensibiliser plus de personnes? Il faut d’abord que la cause et nos interventions soient visibles et connues. Ensuite, je pense qu’on a tous une corde sensible par rapport au choix d’une carrière. Certaines personnes sont réceptives parce qu’elles ont des adolescents à la maison, d’autres parce qu’elles gèrent au quotidien des employés malheureux au travail. On veut tous vivre dans une société prospère, et ça passe beaucoup par la contribution professionnelle de tous.

Quelles sont les plus importantes leçons que tu as tirées de ton parcours d’entrepreneure?

​M’entourer de gens qui me complètent, pas de gens qui me ressemblent. Chez Academos ; c’est l’hétérogénéité de l’équipe qui fait notre force .

Mettre régulièrement temps et efforts pour communiquer ma ​vision aux employés, ce qui est essentiel que nous ramions tous dans le même sens et pour stimuler la créativité et l’engagement.

Quels conseils donnerais-tu aux femmes désireuses de se lancer en affaires?

​Restez vous-même, soyez des leaders au féminins, car les avantages dépassent largement les inconvénients!

Prenez des risques: les gars n’ont pas peur de le faire et ça leur réussit!

Qu’est-ce qui t’es essentiel pour être productive?

​Bloquer des plages horaires de travail d’au moins 2h consécutives chaque semaine dans mon agenda.

Musique + écouteurs pour m’isoler. Nos bureaux sont à aire ouverte.

Faire du télétravail lorsque j’ai des dossiers importants à travailler.

Faire régulièrement de l’activité physique.

As-tu d’autres projets?

Oui, j’ai plusieurs projets de développement, tous reliés à Academos. Un indice: actuellement, on aide les jeunes à découvrir leur passion. Comment pourrait-on les aider à les réaliser différemment de ce qu’offrent nos compétiteurs?

Ma famille, si on peut appeler ça un projet. Je suis une maman investie et je veux accompagner du mieux que je peux mon petit garçon afin qu’il devienne une personne heureuse, accomplie et un bon citoyen.

Tes conseils pour trouver du financement ?

​Ne pas s’éparpiller,​ ​rester toujours en connexion avec l’ADN de notre organisation tout en innovant.

Dé​montrer l’impact de nos interventions.

Un livre que tu conseilles aux entrepreneures de lire :

​The Lean Startup, surtout aux organisations de mon secteur, les OBNL.​

Ton pêché mignon ?

Ces temps-ci: dormir après 7h le matin. Pas facile avec un petit garçon de 3 ans!

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